Barrage de Sivens : Le mortel aveuglement du gouvernement et du conseil général du TARN


Le gouvernement ainsi que le président (PS) du Conseil Général du Tarn portent une lourde responsabilité dans la mort, dimanche 26 octobre de Rémi FRAISSE, écologiste et naturaliste, opposé à la construction du barrage de SIVENS à Lisle-sur-Tarn.

Nos pensées vont d’abord vers la famille de Rémi FRAISSE, à ses proches et à ses amis de Nature Midi Pyrénées, association rattachée à France Nature Environnement.

Le Mouvement pour une Alternative Non-violente condamne fermement la violence utilisée : nul ne devrait mourir parce qu’il s’oppose à un projet, notamment à un projet écologiquement insensé.

Ce projet de barrage rejoint d’autres grands projets inutiles comme Notre Dame des Landes ou l’OL Land à Décines. Au moment où, en France, les inégalités s’aggravent, ces grands projets, au service de quelques acteurs économiques minoritaires, sont refusés par les citoyens. La légalité des décisions par les administrations et les collectivités locales ne crée pas la légitimité de ces projets, d’où les oppositions très fortes auxquelles nous assistons.

Depuis des semaines, la tension montait entre les opposants au barrage de Sivens et les forces de l’ordre. La lutte était majoritairement orientée vers une stratégie non-violente. Dimanche 26 octobre, après une manifestation regroupant plusieurs milliers de personnes, des gendarmes ont fait usage de grenades dont l’une est à l’origine du décès de Rémi FRAISSE.

Le Mouvement pour une Alternative Non-violente rappelle que toute lutte sociale est une confrontation et que l’État, face aux opposants, ne doit pas utiliser des violences disproportionnées. Face à des manifestants majoritairement non-violents, les forces de l’ordre ont exercé une violence inacceptable. Cette provocation est une manipulation devenue habituelle, utilisée pour essayer de discréditer, auprès de l’opinion publique, les motivations légitimes des protestataires.

À Sivens, le pouvoir a perdu le contrôle de la situation ce qui a provoqué la mort de Rémi FRAISSE. Il faut maintenant suspendre durablement les travaux et prendre le temps de dialoguer.

Le MAN préconise de continuer les manifestations, y compris celles en mémoire de Rémi FRAISSE, de manière non-violente, dans un souci d’efficacité politique face à la violence de l’État.

le 29 octobre 2014
Denys CROLOTTE
Porte Parole du Mouvement pour une Alternative Non-violente


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